Hommage au Recteur Michel Guillou

 

Aujourd’hui, c’est toute la Francophonie qui est en deuil

Je cherche encore les mots pour vous partager la peine qui m’habite. On dit souvent que la vie est faite de rencontres, bien plus que de hasards. J’aurai eu la chance de connaître Michel dans le cadre d’une conférence internationale organisée par l’Université Senghor, sur la Francophonie économique, en 2006. C’est ainsi que la formidable aventure des Chaires Senghor s’est ouverte à moi. Et depuis, malgré les hauts et les bas que nous impose inévitablement la vie, nos chemins ne se sont jamais vraiment éloignés.

Tant de choses me séparaient pourtant de cet homme. Nous n’appartenions pas à la même tradition politique, nous n’étions pas de la même génération, lui européen, moi nord-américain. Mais cela serait sans connaître la perspicacité de l’homme qu’il était. Michel n’avait que faire de frontières. Pour lui, la différence était une occasion de rapprochement. Michel était un rassembleur, un homme qui, n’ayant pas peur des combats, demeurait méthodiquement soucieux des convergences. Il croyait que la Francophonie grandissait dans la synergie de nos différences.

Toute sa vie, Michel a fait de la Francophonie un idéal de vie;  un idéal qu’il savait rendre contagieux. Il était difficile de demeurer insensible à sa passion, à son entièreté. Michel était doté d’une personnalité forte. Il ne faisait pas que nous interpeller, il nous responsabilisait, il nous solidarisait. Il avait l’art. Je n’avais que la critique.

Aujourd’hui, c’est toute la francophonie qui est en deuil.

Recteur central dans le développement de l’AUF, il a poursuivi son œuvre francophone à travers le Réseau international des Chaires Senghor. Alors que tant d’apparatchiks passent sans avoir le temps, ou sans avoir le talent, Michel a laissé derrière lui une organisation qui survit à son départ, preuve de la fécondité de son héritage, preuve de la pertinence de ses intuitions. Il était un artisan au sens noble du terme.

Témoin des profondes reconfigurations de son époque, il était habité par un sentiment d’urgence. Guillou le bâtisseur s’est ainsi imposé comme un grand théoricien de Francophonie, peut-être même le plus prolifique depuis Léopold S. Senghor. Il nous reviendra la lourde responsabilité de rendre justice à la richesse de sa pensée.

Aujourd’hui, ce n’est pas que notre Réseau qui s’attriste du décès de son père fondateur. Aujourd’hui, c’est toute la Francophonie qui est en deuil.

Merci Michel !

 

Jean-François Simard, président du Réseau international des Chaires Senghor de la Francophonie

 

 

One thought on “Hommage au Recteur Michel Guillou”

  1. Un véritable visionnaire! Son départ nous remplit d’une immense tristesse. Pourvu que personne ne trahisse sa vision de la francophonie

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